HTML 5 : le web n’a toujours pas de standard

HTML 5 : le web n’a toujours pas de standard

Le web appartient à tous et c’est ce qui en fait un outil accessible, puissant et qui nous émerveille chaque jour (oui, même chez l’équipe IT on s’émerveille facilement). Mais c’est aussi le lieu de petites querelles et grosses bagarres entre les géants du web pour imposer des nouvelles normes, au prix de concertations parfois difficiles, et souvent au détriment des usages (et des développeurs !).

 

La dernière de ces batailles dure depuis 2006 entre le W3C, organisme historique de normalisation du web, et le WHATWG, groupe de réflexion créé en 2004 qui réunit les géants du web comme Apple, Mozilla ou Google. Il s’agit de la mise en place des dernières spécifications du web, regroupées sous le nom d’HTML 5.

 

HTML 5 vs XHTML 2

La nécessité de créer de nouvelles normes pour le Web est évidente quand on sait que la dernière version du standard HTML date de 1997, avec une mise à jour, HTML 4.01, en 1999. Et pourtant, le web a sensiblement évolué depuis : le streaming vidéo et audio, les réseaux sociaux, l’internet mobile, l’affichage de documents en ligne ou encore les blogs, tout ça repose sur des spécifications qui datent du siècle dernier ! Un peu comme si on avait décidé de ne jamais inventer le Blu-ray mais de garder nos vieux DVDs en leur rajoutant une épaisseur de plus, parce qu’on a pas réfléchi à un nouveau format…

 

 
C’est pourquoi le W3C s’est penché sur la question en 2004, et a proposé une nouvelle normalisation des pages web : le XHTML 2. C’est une évolution du XHTML 1 (HTML  4 avec une syntaxe stricte) sensée être plus adaptée aux besoins du web actuels. On y trouve une meilleure construction des barres de navigation (balises <nl> pour « navigation list »), le remplacement des anciens systèmes de titres (ci-dessous) et la possibilité de rendre tout élément cliquable en lui rajoutant un attribut href.

 

Le XHTML 2 : une syntaxe peu flexible, finalement abandonnée

 

Des évolutions majeures, des pages plus structurées… mais pas de rétrocompatibilité avec le HTML 4, ce qui suppose une mise à jour de tous les navigateurs : impensable quand on sait qu’en 2011, il restait encore 20% d’internautes français n’ayant pas mis à jour leur vieil Internet Explorer 7 de 2006. La communauté des développeurs rejette donc le XHTML 2 à l’unanimité.

 

Pendant ce temps-là, le WHATWG réfléchit à d’autres pistes. Une des premières innovations du WHATWG fut le WebForms 2 permettant de simplifier la vérification des formulaires sur une page web, comme le type d’un champ ou son nombre de caractères. Viendront par la suite de nombreuses spécifications supplémentaires qui seront regroupées sous le terme Web Application 1. Enfin en 2006 apparaît officiellement le terme HTML 5, qui est un groupement de spécifications dont certaines étaient déjà développées dans d’anciens navigateurs, comme le glisser-déposer (drag & drop) dont les prémisses existaient déjà sur Internet Explorer 5. On y trouve des balises dont l’utilisation est plus flexible qu’en XHTML 2, et de nombreuses possibilités d’interactions avec l’utilisateur (à lire sur le blog de Zone Franche: Les 5 APIs HTML 5 que vous ne connaissez pas encore ).

 

Dès 2006, la plupart des navigateurs (à l’exception d’Internet Explorer) commencent à intégrer des fonctionnalités du HTML 5. Cela pousse le W3C à abandonner officiellement le XHTML 2 en 2009, pour travailler avec le WHATWG sur le HTML 5.

 

WHATWG vs W3C, ou la coexistence de deux standards

Ainsi naît l’espoir pour les développeurs d’avoir enfin un standard web moderne accepté par tous. Sauf qu’à l’été 2012, le W3C annonce la fin de sa collaboration avec le WHATWG, à cause de divergences sur le format du HTML 5. Le Consortium ayant choisi de séparer le « pack » HTML5 en sous-spécifications, notamment pour l’API canvas 2D, les évènements côté serveurs et ainsi de suite. De son côté, le WHATWG est revenu à une spécification unique qu’elle nomme « HTML Living Standard » : un ensemble insécable de technologies liées.

 

Le WHATWG a du coup décidé de faire cavalier seul. Ian Hickson, membre du WHATWG, explique que les objectifs des deux entités s’écartaient trop l’un de l’autre. Le fonctionnement du W3C repose sur un modèle de versions préliminaires. De son côté, le WHATWG travaille sur la définition même du HTML et des technologies attenantes, et corrige les bugs au fur et à mesure qu’ils sont détectés.

 

Des API adaptées aux besoins des développeurs, mais plusieurs standards coexistent

 

On n’est donc pas prêt de voir apparaître le standard unique du web moderne. De toute façon, cette absence de standard ne change pas radicalement les habitudes des développeurs. Ces derniers sont déjà habitués à survivre dans la jungle hostile des navigateurs web, où l’on rencontre aussi bien l’amical Google Chrome que les dinosaures sauvages en voie d’extinction Internet Explorer 7 et 8. Même dès les premières implémentations du HTML 5, il existait des différences majeures entre les navigateurs, notamment pour le format associé à la balise <video> qui n’est toujours pas standardisé, et qui ne le sera pas de sitôt.  Une vraie galère, une de plus, mais quand on les aime on ne les compte plus !

 

ET en bonus, un petit site qui rock !

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